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À quand une édition équitable* ?
Publié par andreeyanacopoulo dans Actualités, tags: auteur, critique littéraire, éditeur, édition équitable, journaliste, médiasLe monde de l’édition va mal, tout le monde en convient, les faits sont là : tel ou tel qui, dans les années 70-80, écoulait allègrement 1 500 exemplaires de son dernier roman perd aujourd’hui sans vergogne toute modestie pour se flatter des 400 ou 500 qu’accuse son dernier relevé de ventes. Des causes de cette crise, on peut longtemps discuter, et là n’est pas mon propos. Par contre, c’est elle qui, à mes yeux d’éditrice et d’auteur tout au moins, rend plus criante la nécessité de le tenir.
Considérée sous l’angle des profits qu’elle génère, la chaîne de production du livre se détaille comme suit : 10% pour l’auteur, 40% pour le libraire, 10 à 15% pour le distributeur. Le reste, soit 30 à 35%, va à l’éditeur.
Mais ce dernier ne touchera sa part que lorsqu’il aura épongé les frais de production matérielle de l’ouvrage d’une part, et les frais de promotion d’autre part. Voyons cela de plus près.
(Dans ce qui suit, je ne prends en compte que le livre courant, roman ou essai disons, sans illustrations, sans reliure ou tout au plus une jaquette). La production matérielle, qui comprend la révision tant éditoriale que linguistique, le graphisme, la mise en pages et l’impression, revient très généralement à près de 4 000$ et le prix du papier ne cesse de grimper. Si l’ouvrage se vend au prix moyen de 25$, l’éditeur devra en écouler 300 (je calcule au plus bas) pour commencer à rentrer dans ses frais.
Côté promotion, on peut dire ceci : dès que le livre est sorti, toutes les mains sont tendues en attente de l‘exemplaire gratuit qui, grâce aux journalistes des divers médias tant écrits qu’audio-visuels ou électroniques, « fera vendre les autres ». Lesdits journalistes se contentent en général de recopier ou à peu près des extraits du communiqué de presse. Je connais un éditeur qui varie le texte de ses communiqués afin d’être sûr que les « critiques », ou plutôt les recensions, ne se ressemblent pas trop… Il y a aussi les encarts publicitaire, dont le moindre coûte 500$ et pour lesquels revues et journaux ne cessent de solliciter l’éditeur. Toute cette promotion est, on le voit, également à la charge de l’éditeur.
Et celui qui est à la source même de cette chaîne, celui sans lequel le lecteur ne pourrait satisfaire ses besoins ou ses goûts, celui sans lequel ni les journalistes ni les professeurs de littérature ne pourraient gagner leur vie, j’ai nommé l’auteur. 10% lui sont assurés comme (maigre) récompense de son travail et de son talent. Bien sûr, il n’immobilise ni ne risque aucuns argents, mais cette morale capitaliste est-elle satisfaisante?
On me rétorquera : et les subventions? Je réponds : outre qu’elles ne peuvent, loin de là et c’est normal, panser toutes les plaies, leur obtention est sujette à des exigences auxquelles nombre de petits éditeurs ne sont pas sûrs de vouloir ou de pouvoir se plier.
Qu’on me comprenne : je n’attaque ni les uns ni les autres, je plaide seulement, parce que la cause me paraît juste, en faveur de l’auteur et de l’éditeur, ces deux mal traités sans qui il n’y aurait pas de «culture».
Voilà , je me suis vidé le cœur. Il reste le plus important. Comment remédier à cette situation? Elle implique d’autres acteurs, qui ont chacun leurs justifications à faire savoir. Je crois les connaître, j’aimerais les entendre.
* Merci à Lise Demers, qui m’a suggéré cette si juste appellation.














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J’ajouterais que le gouvernement ne semble guère s’intéresser au problème. Aux dernières élections provinciales, Monsieur CHarest a annoncé des subventions pour la culture (musique, cinéma, théatre). Les conservateurs ont fait volte face aux dernières élections fédérales sur leurs coupures en matière de culture. Encore la musique. Radio-Canada, à l’automne, annoncait qu’elle comptait consacrer plus de temps d’antennes à la culture. On a ainsi vu naitre des émissions comme «M comme musique» et «T pour théatre». Mais bon Dieu, à quand «L pour littérature»? On subventionne allégrement les autres secteurs artistiques, mais jamais un sous pour les lettres. Ou lorsque c’est le cas, comme le mentionne Madame Yanacopoulo, c’est d’une complexité effarante.
La solution réside peut-être en la création d’un nouveau mode de diffusion, un mode autre que celui du papier. Le Web ou le livre numérique représente peut-être l’avenir des lettres. En plus d’être écologique, cette solution offrirait l’avantage d’éliminer des maillons dans la chaîne de création du livre tels que les imprimeurs, les distributeurs et les détaillants. Enfin l auteur pourrait recevoir la part qui lui revient car sans lui, les livres n existeraient pas.
S il etait possible de developper ce mode de diffusion sans etre victime des memes problemes relatifs aux droits d auteurs que rencontrent les musiciens depuis l apparition de logiciels de partage comme LImeWire, Caza ou WinMx, ce serait probablement l ideal. En cela, BlogAuteurs est une initiative qui a vraiment du bon